Les images panoramiques que je présente sont issues d’un travail photographique sur lequel je m’investis depuis 2017. Dans une approche poétique, je capture du réel en mouvement dans le temps, son flux est reproduit dans chaque image — Cela prend parfois l'aspect d'une projection surréaliste du monde et des choses.
Les captures sont réalisées sur smartphone en mode panoramique sans collages numériques post-produits. Les temps de prise de vues varient de quelques secondes à plusieurs minutes... plus d’une heure pour certaines.
"Le regard de Sylvie Hugues" à la MEP / Maison Européenne de la Photographie / 2019
Texte de Louis Doucet à l'occasion de mon exposition au Centre d'Art Chailloux - Fresnes 2024 :
La série de photographies TRAVELLLINGS de Pierrejean Canac, contrairement à ce que l’on aurait tendance à penser en les découvrant, ne résulte d’aucune opération de post-production, d’aucun bidouillage avec Photoshop ni avec d’autres outils numériques de ce type. Les clichés ont été capturés au moyen d’un iPhone 6S, en mode panoramique, avec des temps de pose allant de fractions de seconde à plusieurs minutes, plus d’une heure pour certains.
Dans certaines prises de vue, le sujet se déplace devant l’objectif, dans d’autres, c’est l’appareil de prise de vue qui tourne autour du sujet. Dans un cas comme dans l’autre, au-delà de la pure prouesse technique, le résultat est déroutant. Le spectateur a le sentiment de prendre conscience de mouvements insoupçonnés ou de découvrir des choses sous un aspect inhabituel, condensant, sur une même surface, des dimensions temporelles et spatiales. On peut faire le rapprochement avec le propos de Gurnemanz, au premier acte du Parsifal de Wagner :
« zum Raum wird hier die Zeit » (ici, le temps se mue en espace).
Le parallèle avec les images produites par un scanner médical ou un dispositif de radiologie IRM s’impose aussi à l’esprit, si ce n’est que, chez Pierrejean Canac, il est plus question de flux – dans le temps et dans l’espace – que d’investigation statique de l’intérieur des choses, de transformation, réelle ou improbable, plutôt que de compte-rendu d’une réalité instantanée, d’une révélation d’un non-vu poétisé à l’opposé d’un constat réaliste d’un état figé… À sa façon, le photographe nous dote d’un œil augmenté, ce dernier mot ayant le sens qu’il a dans l’expression réalité augmentée.
Les titres des œuvres, avec des voyelles ou consommes répétées, tel le l dans le titre de la série, apportent une touche d’humour inspirée du surréalisme ou de l’OuLiPo. Le GLOOOBE est une mappemonde créée par la rotation d’un globe animé du bout des doigts ; le FIIIL est roulé dans un interminable écheveau ; la PIERRRE s’allonge outre mesure ; la citrouille de CARROOOSSSE pourrait effectivement servir à Cendrillon ; NIIICE nous fait revivre, à travers un hublot, l’interminable processus d’atterrissage d’un avion dans la capitale azuréenne ; les bougies de ANNNÉES ne sont en fait qu'Une qui s'est consumée le temps de soixante tours …
BIO
2024 / janvier-mars / Exposition au Centre d'Art Chailloux - Fresnes.
2023 / Exposition aux portes ouvertes de Romainville puis à la Galerie "l'Art en Poche" - Romainville.
2022 / Exposition aux Rencontres de Malaquais - Paris 6e / Exposition à MacParis2022 - Bastille Design Center.
2019 / Sélectionné pour la restitution "2019 - Le regard de Sylvie Hugues" à la MEP / Maison Européenne de la Photographie.
1992 - 2026 / Réalisateur et graphiste pour habillages d'antenne, génériques, animations graphiques pour émissions et films documentaires (ARTE, France Télévisions...)
1992 - 1999 / Membre du groupe de vidéastes "La Charrue avant les bœufs" Création d'installations et programmes vidéo pour le Cabaret Sauvage, le Parc de La Villette, les Grands Moulins de Paris, Goumen, le Festival Vidéo de Gentilly.
1992 / diplômé (DNSEP) de l'École Nationale d'Art de Cergy Félicitations du jury / photo, vidéo, textes et graphisme
1966 / Naissance à Ouargla en Algérie